Bourse : peut-on aller encore plus haut ?

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Bourse : peut-on aller encore plus haut ?

Les semaines se suivent et se ressemblent sur les marchés financiers. Les indices européens

marquent une nouvelle fois une progression limitée entre 0,30 % et 0,50 % alors que Wall Street

passe de nouveaux records. L'indice CAC 40 gagne 0,50 % et son écart se creuse avec le Dow

Jones qui affiche + 1,40 % sur cinq séances.

Wall Street valorise les baisses fiscales du programme Trump

Les éléments qui accentuent la tendance sont, il est vrai dans la même ligne de confirmations . Aux

États-Unis, les indicateurs (indices avancés de l'activité manufacturière, ventes au détail, emploi,

…) montrent une croissance qui continue à s'améliorer encore. Janet Yellen, la patronne de la

Réserve Fédérale a confirmé cette évolutions favorables et a annoncé des hausses de taux directeurs

qui n'ont pas inquiété les investisseurs, au contraire. Elle a estimé qu'il ne serait « pas prudent de ne

pas relever le loyer de l'argent » et les marchés valorisent trois hausses de 0,25 % d'ici à la fin 2017.

Mme Yellen aurait s'est montré plus inquiétante en estimant que la politique de l'administration

Trump entretenait « une incertitude considérable » en raison des perspectives de déficits publics et

de dette fédérale. Les opérateurs ignorent toujours ces avertissements et prennent en compte les

baisses d'impôts sur les sociétés annoncées qui, selon les calculs des analystes financiers de Jacques

Chahine Capital, devraient avoir un effet direct sur les bénéfices des sociétés cotées de 9,1 % en

année pleine.

Les actions européennes :face au risque politique français

Las actions européennes ne peuvent pas compter sur ce stimulus fiscal, même si, depuis maintenant

un an, la pression a cessé de s'accroître et a même un peu reculé. La croissance économique est

confirmée, mais ne s'accélère pas. En revanche, les comptes 2016 sont bons et, dans une proportion

de 60 %, les bénéfices sont supérieurs aux estimations des analystes financiers. Ils donnent lieu à

des relèvements des projections 2017 et 2018. On peut prendre pour base les taux de progression de

bénéfices de 16 % cette année et de 9 % l'année prochaine. Cela justifierait une nouvelle étape de

hausse, amplifiée sur les valeurs liées à la consommation discrétionnaire et à l'investissement.

La décote des européennes – grandes valeurs comme moyennes capitalisations – par rapport aux

américaines se mesure avec un écart de plus de trois points du multiple de capitalisation des

bénéfices. Ce retard de 20 % pourrait se réduire sous l'effet des confirmations des tendances

économiques, mais c'est la politique qui pèse.

L'élection présidentielle française va peser lourd dans les deux mois qui viennent : le montage de

l'euro serait très affecté par l'élection de candidats de rupture comme Mme Le Pen, MM. Hamon ou

M. Mélenchon. L'hypothèse d'un président sans majorité, quel qu'il soit, n'est pas non plus exclue.

Hubert Tassin, bourseacademy.com


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