Bourse : qu’attendre de 2017 ?

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Bourse : qu’attendre de 2017 ?

La performance des Bourses européennes en 2016 – 6 % en moyenne et un peu moins de 5 % pour

le CAC 40 – a été acquise pratiquement exclusivement au mois de décembre. Les investisseurs ont

été portés par trois grands facteurs : l'élection américaine, le cycle de croissance et la gestion

monétaire.

Les trois facteurs de la hausse : Trump, le cycle et les Banques Centrales

La surprise de l'élection d Donald Trump a débouché sur une autre évolution inattendue : une très

nette hausse des cours des actions. L'indice Dow Jones a progressé de plus de 11 % depuis le jour

de l'élection. Le programme économique de rupture présenté par M. Trump n'a pas inquiété les

marchés qui, au contraire, ont anticipé sur le mix de choc fiscal, d'investissements d'infrastructures

et de protectionnisme qui a été annoncé. L'effet direct sur la croissance 2017 et 2018 peut permettre

d'amplifier le cycle de croissance alors que les craintes de conséquences négatives – et même les

scénarios de récession- en raison des déficits publics à venir ne sont pas pris en compte.

Le deuxième support pour les Bourses tient précisément au cycle de croissance. Elle est bien

accrochée aux États-Unis,. Le marché du travail est proche du plein emploi et , en dehors des

mesures attendues de l'administration Trump, il y a déjà un effet d'accélération depuis le milieu du

troisième trimestre. La solidité de cette croissance tient pour une grande part à sa modération :

l'expansion se cale sur un rythme annuel proche de 2,5%. Les donnés conjoncturelles sont aussi

confirmées en Europe (1,5 % à 2 % pour la zone euro, sensiblement plus au Royaume Uni) et au

Japon (pas loin de 1 %).

Enfin, les grandes banques centrales confirment leurs politiques dans ce cadre qui les conforte. La

Réserve Fédérale se laisse la possibilité d'aller jusqu'à trois relèvement de 0,25 % de ses taux

directeurs cette année. La Banque Centralel Européenne, la Banque du Japon et la Banque

d'Angleterre maintiennent leurs gestion très expansionnistes sans envisager de réel ralentissement

des injections monétaires, tout en favorisant une certaine hiérarchie des taux d'intérêt en fonction de

la durée.

Période de doutes avec les comptes annuels et l'installation de Donald Truump

Ces facteurs de soutien des cours de Bourse sont largement pris en compte par les investisseurs. Ils

n'ont pas empêché d'enregistrer une consolidation durant cette première semaine de 2017. Le CAC

40 bute sur les 4.900 et le Dow Jones sur les 20.000.. Une période de doute s'ouvre. L'intronisation

de Donald Trump va permettre de juger de la réalité des mesures engagées et les nominations

soumises au Congrès risquent d'ouvrir des débats et polémiques. Pour ce qui concerne le cycle, les

interrogations portent sur ses conséquences sur les bénéfices des sociétés cotées. La gestion

monétaire va être mise en regard d'une inflation qui donne des signes (faibles) de tension.

Ce sont les débats américains qui constituent le frein principal. Les publications des compte 2016 ne

devraient pas beaucoup surprendre aux États-Unis, sauf dans le secteur bancaire qui pourrait faire

mieux qu'attendu. En Europe et au Japon, les analystes financiers ont sans doute été excessivement

prudents et on peut s'attendre, d'une façon globale à des relèvement des estimations 2017.

Les effets de levier du cycle conduisent à acheter LafargeHolcim

Les actions européennes ont en tout état de cause une décote de plus de 25 % à refaire sur le

américaines. Elles constituent la majorité du portefeuille dans l'allocation préconisée par

bourseacademy.com . Les secteurs cycliques (consommation et investissement) et les bancaires

seront privilégiéesa lors que les valeurs liées aux taux d'intérêt (immobilier, services publics,

télécoms, endettées) sont à éviter. Dans le prolongement, le conseil de la semaine est

LafargeHolcim (cide mnémonique LHN). Le groupe issu de la fusion de Lafarge avec le suisse

Holccim en juillet 2015 est le cimentier numéro deux au plan mondial. Présent dans 90 pays et

leader sur la plupart de ses marchés, le groupe répercute les évolutions de la croissance mondiale.

Le ciment pèse pour les deux tiers de l'activité, les granulats 10 %, le solde étant réalisé dans le

béton et les asphaltes.

LafargeHolcim prévoit une progression des volumes de 2 % cette année et en 2018. Les effets

seront amplifiés sur les bénéfices en raison de maîtrise des coûts (en particulier énergétiques) et de

progression spécifiques sur des marchés margés (États-Unis, Inde, Nigeria).

Le groupe pèse en Bourse (dette plus capitalisation) environ 1,8 an de chiffre d'affaires, ce qui est

plus que raisonnable eu égard à l'importance des actifs industriels et aux barrières à l'entrée

constituées. La valeur boursière est équivalente à l'actif comptable.

Après une progression des bénéfices qui a du être voisine de 14 % en 2016, les analystes attendent

une avance de 30 % cette année et de 20% en 2018. Ces profits sont capitalisés 15,5 fois (2017) et

12,6 (2018). Sur la base d' un dividende qui assure un rendement de 3,7 %cela laisse un potentiel de

valorisation de l'action de 30 % à échéance de la fin de cette année.

Hubert Tassin, bourseacademy.com


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