Changement de conjoncture boursière: premiers arbitrages pour le H10

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Changement de conjoncture boursière: premiers arbitrages pour le H10

h10-2018-03-16-a-12-17-18La correction encaissée par les Bourses en février a marqué l’ensemble des actifs. Le calme revenu en mars permet de dresser un bilan assez mesuré : ce qui est marquant est le retour de la volatilité. Les actions, prises globalement et au niveau mondial, avaient perdu plus de 6 % en une semaine et, depuis, les écarts restent marqués d’une séance à l’autre. Parmi les classes d’actif, c’est le marché obligataire des entreprises qui resort le plus touché.

La crainte de l’inflation aux États-Unis par les salaires et des facteurs techniques

La chute a été provoquée par une statistique d’évolution des salaires américains laissant entrevoir une possibilité d’inflation et, en conséquence, un remontée des taux d’intérêt à court terme (la Réserve Fédérale) mais aussi à long terme. La hausse du rendement du 10 américain, passé de 2,10 % fin 2017 à 2,80 % depuis la mi-février, s’est répercuté sur les cours des obligations américaines, mais aussi européennes. Elle a surtout justifié un ajustement à la baisse des multiples d’évaluation des actions.

Les écarts ont été amplifiés par un facteur technique : les investisseurs institutionnels vendeurs de volatilité – stratégie gagnante depuis août 2015 – on été pris à revers et ont dû brutalement solder leurs positions. L’indice VIX qui mesure le s écarts du S&P 500 cotait moins de 10 en septembre 2017, il a été jusqu’à 36 dans la deuxième semaine de février et s’est stabilisé entre 15 et 20.

Derrière cette correction finalement limitée – l’indice CAC 40 a perdu moins de 1 % depuis le 1er janvier- se retrouve la question e la valorisation des actions. Alors que le cycle mondial de croissance se confirme au-delà de 3,7 % cette année et que les pays développés afficheront au moins 2 % en moyenne, les fondamentaux sont bons. Mais ils étaient et sont encire largement pris en compte par les investisseurs. Les multiples de valorisation se situent deux à trois points au-dessus des moyennes.

Casino et Ingenico sanctionnés, Solocal salué

Dans ce contexte, les actions américaines et celles des pays émergents ont un potentiel qui dépasse celui des européennes et des japonaises, en particulier en raison de l’impact négatif du change sur les profits de ces dernières. Pour ce qui concerne les européennes, les investisseurs ont fortement sanctionné les déceptions, saluant plus modérément les bonnes nouvelles.

Le portefeuille H10 a encaissé son lot de déception avec, en particulier Casino et Ingenico qui abandonnent 20 % depuis le début de l’année. Le premier confirme ses tendances, mais subit le recul de la consommation en France dans les deux premiers mois de l’année, qui a conduit les analystes financiers à réviser à la baisse leurs estimations de bénéfices 2018. Pour Ingenico, c’est un retard dans le plan industriel qui est en cause : après des résultats 2017 supérieurs aux attentes, la société s’est montrée prudente pour l’exercice en cours, repoussant ses ambitions à 2019 et 2020. En sens inverse, la poursuite du plan de redressement de Solocal a été marquée en Bourse par une progression de 30 % en trois mois.

Les entreprises plus que la consommation : Akka remplace Naturex

Le changement de conjoncture boursière va dicter une stratégie plus prudente dans les mois qui viennent. Les financières et le secteur de la consommation vont être allégés, l’investissement des entreprises étant plus recherché dans une sélection basée sur les ratios de valorisation.

Un arbitrage est réalisé : l’équipementier Bio Naturex est vendu sur une performance nulle depuis sa mise en portefeuille. En sens inverse, les acteurs du conseil aux entreprise, déjà présent dans le H10 avec Aopra Steria et Alten est renforcé avec Akka Technologie. Le profil majoritairement franco-allemand pour une clientèle industrielle a été mis en évidence avec une  accélération des facturations au quatrième trimestre 2017. La hausse qui avait suivi la publication début février a été consolidée et, l’achat à 53 € offre un beau potentiel moyen terme compte tenu de notre objectif à 65 €/


A propos de l'auteur : Hubert Tassin

Hubert Tassin, 57 ans est journaliste et analyste financier. Son expérience des marchés financiers remonte à 1980 et il a exercé des responsabilités aussi bien dans des sociétés de Bourse que dans la presse. Auteur d'un ouvrage de référence consacré au placement en obligations, il a dirigé des rédactions spécialisées dans les placements financiers au Journal des Finances, chez Investir et chez BFM.

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