La conjoncture pétrolière donnera du levier au redressement de Vallourec

Partager sur
La conjoncture pétrolière donnera du levier au redressement de Vallourec

Dans une tendance des grands marchés boursiers toujours très solide, comme en témoignent les records à Wall Street ou en Europe pour les indices dividendes réinvestis, l’élément pétrole passe presque inaperçu. Les matières premières et en particulier celles liées à l’énergie sont pourtant pratiquement les seuls facteurs inflationnistes di moment.

Hausse de la demande et offre contenue portent le baril

Le baril (de qualité brent) se situe à près de 65 dollars, son meilleur niveau depuis.le printemps 2015 En un an il s’est apprécié de 38 % , sur trois mois de 22 % , sur un mois de 15 %. Les facteurs de ce rebond qui n’était pas dans les scénarios dominant sur les marchés il y a six ou huit mois tiennent à la fois à la demande et à l’offre. Bien sûr, la croissance mondiale sensiblement plus forte que prévu et qui dépasse 3 % en tendance joue sur une consommation que l’Agence Internationale de l’Énergie estime cette année en progression de 1,7 % en anticipant une évolution d’au moins 1,4 % l’année prochaine. Face à cela, le cartel de l’Opep et ses alliés tiennent assez bien les engagements de modération de production et assurent une progression moins forte que celle de la demande.

La surprise ne vient pas seulement de cette conjonction entre la demande et l’offre de brut « classique ». C’est du coté de la production de gaz de schiste que les anticipations ont dû être révisées. Les décisions de forage – prises sur les cours du pétrole d »il y a six mois ou un an- ralentissent à nouveau et les projections d’extraction 2018 et 2019 ont été abaissées. Le coût du capital (perspective de hausses de taux) impose plus de marge alors que des sociétés de services pétroliesr ont relevé leurs tarifs, en particulier pour répercuter des coûts salariaux américains en hausse.

Plutôt un équipementier que les actions des majors

Pour profiter d’une donne nouvelle sur le pétrole, bourseacademy.com privilégie précisément un équipementier de préférence aux grandes compagnies (nos favorites sont Total et Royal Dutch Shell).

Vallourec (code mnémonique VK) peut être considéré comme le spécialiste mondial des tubes spécifiques pour des applications industrielles dans le domaine pétrolier et gazier, dans celui des centrales électriques et pour diverses industries. Les services pétroliers et gaziers pèsent 62 % du total, la production électrique 13 %, les industries mécaniques 10 %, la pétrochimie 4,5 % et l’automobile 3,7 %.

Le chiffre d’affaires qui va être de l’ordre de 3,4 milliards d’euros cette année est très mondial : l’Asie et l’Amérique du Nord représentent chacune un quart,l’Europe 20 %, l’Amérique latine 15 %.

Potentiel de rattrapage : 35 % dans un premier temps

Le groupe a été particulièrement secoué par la crise de la in des années 2000 et a dû mener en 2008, puis en 2011 une très sévère restructuration. Passer d’un résultat but d’exploitation positif de 1,7 milliard d’euros en 2007 à une perte en 2015, en 2016 et encore cette année (dans un périmètre restreint) s’est ressenti sur le bilan avec une dette qui représente 53 % des fonds propres et sur le dividende, non versé depuis l’exercice 2015.

Le redressement est en marche et la conjoncture pourrait lui donner un sérieux levier, enparticulier aux États-Unis et au Brésil. La marge brute d’exploitation sera positive en 2018 et le résultat proche de l’équilibre après des pertes cette année et les deux précédentes qui cumulées, se montent à plus d’un milliard d’euros.

Le cours de Bourse a évidement pris en compte cette très grave crise. L’action Vallourec cotait 90 euros en 2010 et encore 50 euros en 2011. Dans les deux dernières années, elle a varié entre 2,15 et 7,30 euros et cote aujourd’hui autour de 5,15 euros.

On doit apprécier son potentiel de moyen terme : les projections de bénéfices 2020 et 2021 se paient 15 et 5 fois sur les niveaux actuels et la valeur d’actif est supérieure de 25 % à la capitalisation boursière.

Le dossier est spéculatif, mais le potentiel très important. bourseacademy.com conseille le pari avec un premier objectif de 7 euros (+ 35 %) sur les cours actuels. Le levier de Valliurec conduit à l’inscrire dans la sélection en remplacement de Saint Gobain.

Hubert Tassin


A propos de l'auteur : Hubert Tassin

Hubert Tassin, 57 ans est journaliste et analyste financier. Son expérience des marchés financiers remonte à 1980 et il a exercé des responsabilités aussi bien dans des sociétés de Bourse que dans la presse. Auteur d'un ouvrage de référence consacré au placement en obligations, il a dirigé des rédactions spécialisées dans les placements financiers au Journal des Finances, chez Investir et chez BFM.

Laisser un commentaire