Krach chinois : misez sur la niche des matières premières et les actions excessivement sanctionnées

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Krach chinois : misez sur la niche des matières premières et les actions excessivement sanctionnées

La Chine voit tout en grand. Après la croissance, réelle, l’entrée dans le monde de la finance a pris dans l’hiver 2014-2015 et au printemps 2015, des proportions difficiles à cerner vraiment. La démarche du pouvoir – nous sommes dans un Etat totalitaire – était d’utiliser la colossale épargne des ménages chinois (l’épargne brute dépasse 50 % de la richesse produite) pour refinancer en actions (fonds propres) les créances douteuses portées en partie par les banques et, pour une proportion plus grande par des entreprises étatiques, via une activité regroupée sous le vocable de «banques fantômes» (shadow banking).

La hausse des quotas chinois

Les moyens ont été mis en œuvre, comprenant une hausse des quotas d’actions chinoises accessibles aux investisseurs étrangers. Le plus important a été la plus grande facilité donnée aux ménages d’investir en actions tout en leur permettant de profiter d’effets de leviers sur dette fortement relevés. Le résultat de ce véritable effet d’entonnoir a été spectaculaire: les indices de Shanghai et de Shenzhen ont été multipliés par 2,2 entre la fin octobre 2014 et le 12 juin 2015. Plus de 140 millions de comptes titres étaient en fonctionnement, détenus par plus de 90 millions de personnes.

Une hausse de cette ampleur a peut-être amorti une part des créances douteuses, mais elle a surtout amené les ratios de valorisation à des niveaux insupportables. Des cours qui font plus que doubler quand les bénéfices baissent de 10 % , ce n’est pas tenable.

Le krach était inéluctable

urlEn un mois 12 juin -10 juillet 2015, les indices ont perdu près de 30 % de leur valeur. Les moyens mis en œuvre pour stabiliser les Bourses n’augurent rien de bon: les investisseurs institutionnels du pays reprennent les positions des ménages sur des cours artificiellement soutenus. Ils ne peuvent pas faire autrement, l’ordre est venu du pouvoir: ils n’ont pas le droit de vendre et sont contraints à acheter.

Ce qui est certain dans ce type de situation est que ça ne peut pas bien se finir, d’autant qu’en l’espèce, on est face d’une économie dont la croissance ralentit (la consommation d’électricité progresse péniblement de 5 % , ce qui montre que le chiffre officiel de 7 % d’expansion est fantaisiste) et dont l’industrie se retrouve en sur-capacités (les usines automobiles tournent à 75 % seulement).

Alors, doit on se détourner de la Chine, du plus grand marché du monde?

Oui est non. Oui sur les actions chinoises en général, oui sur les valeurs bancaires locales, sur les sociétés introduites en Bourse à des niveaux records. Non, si on sait chercher des niches ou des situation de sanction excessive sur les marchés non locaux.

Ces deux pistes entrent dans la gestion gagnante telle que Bourseacademy.com la définit, Du coté des niches, les matières premières sont une voie à privilégier. Les cours – mondiaux pour la plupart – ont échappé à la bulle de la spéculation des ménages chinois alors que l’Empire du milieu est un des gros consommateurs et que, même réduite à 5 % ou 6 % sa croissance assure des débouchés. Si le pétrole est à éviter, des matières agricoles (café, cacao, maïs) fournissent une base de diversification aux cotés de l’or (qui va s’imposer à nouveau comme un placement crédible pour les ménages chinois rescapés de la Bourse) et du platine. Pour les actions excessivement sanctionnées qui ont un beau potentiel de rebond: Schneider, Remy Cointreau, Volkswagen.


A propos de l'auteur : Hubert Tassin

Hubert Tassin, 57 ans est journaliste et analyste financier. Son expérience des marchés financiers remonte à 1980 et il a exercé des responsabilités aussi bien dans des sociétés de Bourse que dans la presse. Auteur d'un ouvrage de référence consacré au placement en obligations, il a dirigé des rédactions spécialisées dans les placements financiers au Journal des Finances, chez Investir et chez BFM.

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