Le bitcoin, une monnaie d’échange plus que de spéculation

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Le bitcoin, une monnaie d’échange plus que de spéculation

Voilà un actif qui a gagné jusqu’à 12.000 % dans l’année 2013. Mais aussi qui, en quelques séances en décembre, a perdu jusqu’à 60 % de sa valeur. Quand on est dans le bons sens, le potentiel vaut le risque. C’est ce que vous devez vous dire à la vue des graphiques d’évolution d’échange du bitcoin contre le dollar : 10 dollars début 2013, jusqu’à 1.200 dollars en novembre de la même année, et fin décembre, il est revenu autour de 500 dollars, après avoir frôlé les 300 dollars.

Le risque est certain. Les possibilités de valorisation le sont forcément moins, mais évidement, l’histoire vous tente. Il y a du pour et du contre. Je vais vous l’expliquer…

Qu’est ce que le Bitcoin ?

Le bitcoin est une nouveauté technologique, parmi d’autres (une dizaine de monnaies d’audience significative). La caractéristique du bitcoin et de ses comparables est de fonctionner sur le système internet de la transaction entre deux personnes : le pair à pair (peer to peer). Les échanges ne sont pas compensés au sein d’un établissent financier, mais seulement échangés entre les deux parties, l’acheteur du service ou du bien et le vendeur. C’est du troc.

Ce troc est électronique et crypté. Les parties à la transaction opèrent au travers d’un porte-monnaie électronique et l’opération est validée par des ordinateurs d’utilisateurs du système. Les transactions et les patrimoines de bitcoins sont totalement transparents : les utilisateurs ont une adresse cryptée publique qui donne accès aux informations et une autre, privée, qui leur permet d’enclencher les opérations.

Il s’agit d’une monnaie et d’un système de paiement qui ne relèvent pas d’un Etat ou d’un établissement financier. Pas même d’une entreprise. Le principe du « pair à pair » se suffit à lui-même : pour dépenser des bitcoins, il est seulement nécessaire d’en avoir sur son compte. La confidentialité garantie exclue de fait les barrières douanières ou monétaires : le système est mondial. Les taxations et les contrôles sont pratiquement impossibles.

Comment créer des Bitcoins ?

On est en face d’une création monétaire sans contrepartie, mais avec des règles : la création de bitcoins est encadrée : 50 bitcoins étaient créés toutes les 10 minutes de 2008 (année de création de cette monnaie virtuelle ) à 2012, le rythme a été divisé par deux depuis, il le sera tous les 4 ans, pour
bloquer le stock à 21 millions d’unités en 2030.

A première vue, cette création qui ne repose sur rien, et dont les parités d’échange monétaire (ce qui n’est pas forcément sa première fonction, puisqu’il s’agit d’ échanger des services ou des biens) sont aussi mal fixées, a bien des raisons de n’être qu’une énorme arnaque appelée à disparaître. C’est un peu ce que disent la Banque de France ou la Banque de Chine. Mais on doit sans doute concevoir le bitcoin comme ce qu’elle est : une monnaie d’échange de pair à pair et pas une monnaie de réserve ou de placement.

Acheter des des bitcoins pour les dépenser contre un actif ou un service ; recevoir des bitcoins si vous êtes en sens inverse, c’est dans ce cadre que vous devez vous situer. Le bitcoin est un outil de transaction et, malgré un effet de rareté organisé, vous ne devez pas le considérer autrement. Vous pouvez en acheter, en vendre, mais seulement si vous avez en vue une transaction.

Comment spéculer le Bitcoin ?

Pour profiter d’écarts de cotation (pas marqués par la transparence), considérez l’affaire comme du jeu pur et passez par des options. Vous gagnerez ou vous perdrez en connaissant le risque (qui est maximal) que vous aurez pris.

Un conseil : préférez jouer la hausse après des périodes de gros recul (50 % et plus) du « cours » du bitcoin en dollars ou en euros. Les fondateurs qui manipulent le marché et se sont sans doute attribué une fortune en bitcoins à la création (quand la contrevaleur était de 0,30 dollars pour 1 bitcoin). Ils ont intérêt à la valorisation de la monnaie virtuelle, au moins jusqu’au début des années 2020. Et ils ont les moyens d’organiser le marché.

Mais la leçon doit porter. Les prochaines monnaies virtuelles – en particulier celle annoncée par JP Morgan – vont peut être moins se valoriser que les bitcoins, mais la tendance sera sans doute là.

Le Bitcoin en euro en 2013 :

cours du Bitcoin

Le Bitcoin en euro de 2011 à 2013 :

cours du Bitcoin 2011

A propos de l'auteur : Hubert Tassin

Hubert Tassin, 57 ans est journaliste et analyste financier. Son expérience des marchés financiers remonte à 1980 et il a exercé des responsabilités aussi bien dans des sociétés de Bourse que dans la presse. Auteur d'un ouvrage de référence consacré au placement en obligations, il a dirigé des rédactions spécialisées dans les placements financiers au Journal des Finances, chez Investir et chez BFM.

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