L’économie allemande en panne: faut-il avoir peur du DAX ?

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L’économie allemande en panne: faut-il avoir peur du DAX ?

Le bon élève de la zone euro est entré dans une phase économique plus difficile au tournant de la mi-2014. Prendre de façon indistincte ses bénéfices sur les actions allemandes ou sur l’indice qui les rassemble – le DAX 30. est un réflexe un peu normal. Attention, il n’y a jamais d’automatisme en matière de placement financier.

Il fat d’abord vous débarrasser d »une idée fausse: l’indice DAX aurait écrasé le CAC 40 ces dernières années. Quand vous consultez votre courtier en ligne ou les sites d’information boursière en général, vous voyez les chiffres: à mi novembre 2014, le DAX gagnait 57 % en trois ans,.

Le CAC 40, 39 %. Avantage Allemagne logique pensez vous: l’économie prime. Faux: l’indice Dax 30 se calcule «dividende réinvesti».

Dès lors qu’une action composant l’indice verse un dividende, le calcul tient compte de son réinvestissement le jour même: les dividendes continuent à faire des petits, ce qui est la réalité de votre placement. Le CAC 40 est calculé sans tenir compte du réinvestissement des dividendes.

Un calcul du CAC 40 dividende réinvesti (c’est le code PX1GR sur les sites boursiers) met les deux indices sur une base comparable. Et le chiffre est même un peu meilleur: +58% en trois ans.

Ainsi, investir sur les grandes valeurs françaises (qui sont internationales) était légèrement plus bénéficiaire sur trois ans que de le faire sur les champions allemands (qui sont internationaux).

Pour autant, la panne de croissance en Allemagne, son taux d’expansion qui se rapproche de celui de la France, comptent dans votre portefeuille. Recherchez les causes : la crise géopolitique et donc économique en Europe Centrale et orientale sur fond de confrontation avec la Russie, les surcapacités industrielles en Chine qui ralentissent les achats de matériels de production, la très forte dévaluation du yen face à l’euro qui enlève de la compétitivité aux biens exportés.

D’une façon générale, les exportations sont plus dures et le modèle allemands basé sur ces dernières doit évoluer pour se rapprocher de la France ou de l’Italie. L’évolution, le changement de règle du jeu, les investisseurs n’aiment pas, car elles cassent des certitudes.

Dans la panne allemande, les actions françaises ont bien des chances de continuer à faire mieux en moyenne que les allemandes.

Mais sans systématisme. Les champions restent les champions et si Peugeot ou Renault peuvent prendre leur revanche sur Volkswagen, si Dassault Systèmes offre des leviers de croissance peut-être supérieurs à ceux de SAP, si Air Liquide peut battre Linde, ou Axe Allianz, c’est valeur par valeur que vous regarderez.


A propos de l'auteur : Hubert Tassin

Hubert Tassin, 57 ans est journaliste et analyste financier. Son expérience des marchés financiers remonte à 1980 et il a exercé des responsabilités aussi bien dans des sociétés de Bourse que dans la presse. Auteur d'un ouvrage de référence consacré au placement en obligations, il a dirigé des rédactions spécialisées dans les placements financiers au Journal des Finances, chez Investir et chez BFM.

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