Les Gafa flambent en Bourse: bulle ou opportunité ?

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Les Gafa flambent en Bourse: bulle ou opportunité ?

Les deux dernières semaines du mois d’octobre 2015 ont été marquées sur les marchés financiers par un emballement des cours des vedettes de la technologie. Sur la publication de leurs (bons) résultats trimestriels, Amazon, Alphabet (la société holding qui possède Google) et Microsoft ont affiché des progressions de 25 % à 30 % en un mois. Le krach « chinois » du 24 août a été effacé et l’indice du Nasdaq a retrouvé ses niveaux records.

Il y a un parfum de bulle spéculative, quand on pointe une hausse des capitalisations des trois grandes compagnies de 100 milliards de dollars sur la seule séance du vendredi 25 octobre, sous le coup de la communication de leurs performances financières.

Que s’est-il passé ?

Simplement, les profits sont supérieurs à ce qui était attendu. La mutation technologique se transmet dans l’activité et les facturations obtenues. Au-delà de la croissance américaine ou de l’inflexion du cycle en Chine, au-delà des soubresauts des marchés financiers au décryptage des communiqués des banques centrales, c’est la réalité des exploitations qui prend le dessus.

Un exemple : le bénéfice trimestriel d’Amazon (79 millions de dollars) est non seulement trois fois supérieur aux estimations des analystes financiers, mais c’est un profit dégagé dans une période généralement difficile pour le géant de la vente en ligne : il a affiché des pertes les quatre dernières années sur cette période. Plus important encore,la source de la rentabilité supplémentaire.

La filiale AWS, qui propose des services B to B basés sur le cloud, a réalisé un chiffre d’affaires en hausse de 80 % sur un an et affiche une belle rentabilité puisque son résultat opérationnel s’établit à 520 millions de dollars. La multiplication par cinq de ce chiffre permet à AWS de contribuer aux profits du groupe davantage que l’activité traditionnelle de distribution (470 millions de dollars au troisième trimestre).

Il y a une leçon à tirer de la réaction de la Bourse : +9 % sur la semaine, ce qui porte à 110 % la progression de l’action Amazon depuis le 1er janvier, comme de « la bouderie » des investisseurs vis à vis d’Apple, la première capitalisation mondiale avec 650 milliards de dollars. La hausse de l’action Apple sur l’année se limite à 3 % après pourtant l’annonce d’un doublement du chiffre d’affaires au troisième trimestre.

Capter la richesse nouvelle créée par les mutations technologiques

C’est plus important que de constater un succès (en l’occurence celui de l’Iphone 6). J’en reviens à un des refreins de bourseacademy.com : la meilleure analyse financière, c’est votre bon sens. Le cloud, vous l’utilisez tous les jours. Les possibilités de profits des entreprises sont liés à la spécificité des services qu’elles peuvent offrir : on ne gagne pas sur le banal, mais les tarifs peuvent être tenus dans la spécificité. C’est le fameux pricing power.

Les géants du net – les fameux Gafa pour Google, Apple, Facebook et Amazon – ont une carte d’exception à jouer dans ce cadre: la masse de leur clientèle qui constitue un gisement de bénéfices. Les sociétés en lice vous les connaissez. Choisir parmi Apple, Google (Alphabet), Facebook, Linkedin, Microsoft ou Amazon, en trouver d’autres au sein des acteurs de la révolution permanente de la communication numérique, c’est ainsi une affaire de consommateur. En revanche, il faut être présent dans le secteur : la bulle a éclaté en 2000 et, aujourd’hui, des profits sont au rendez-vous. Dans l’incertitude, prenez trois ou quatre des actions des grands de l’internet.


A propos de l'auteur : Hubert Tassin

Hubert Tassin, 57 ans est journaliste et analyste financier. Son expérience des marchés financiers remonte à 1980 et il a exercé des responsabilités aussi bien dans des sociétés de Bourse que dans la presse. Auteur d'un ouvrage de référence consacré au placement en obligations, il a dirigé des rédactions spécialisées dans les placements financiers au Journal des Finances, chez Investir et chez BFM.

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