On sort Rexel du HUBERT 10

Partager sur
On sort Rexel du HUBERT 10 capture-decran-2017-05-12-a-16-18-58

Le « fait accompli » a joué sur les actions européennes : la semaine qui a suivi l'élection

d'Emmanuel Macron, le candidat des marchés jugé pro-business et pro-européen enregistre une

baisse d'un peu moins de 1 % des Bourses européennes et 0,9 % pour le CAC 40. Depuis le premier

tour, les investisseurs avaient pris en compte ce scénario favorable. Le ciel s'étant éclairci pour le

risque politique européen, la décote qui affectait les actions du vieux continent par rapport aux

américaines s'est réduite. Une progression des cours depuis le début de l'année de 10 % de ce coté

de l'Atlantique pour 5 % à Wall Street a ramené le retard entre 10 et 15 %. Pour aller plus loin il

faudra des catalyseurs pour les Européennes et pas de choc aux États-Unis.

Le moi de mai correspond à une période ou les catalyseurs d'ordre fondamentaux faiblissent. les

analystes financiers ont relevé leurs estimations de bénéfices à la lueur des chiffres du premier

trimestre et risquent d'attendre les données à 9 mois publiées en octobre, pour bouger sensiblement

Les banques centrales – en particulier la Réserve Fédérale, la BCE et la Banque du Japon – offrent

une bonne visibilité sur leurs stratégies d'ici à la fin de l'automne, mais ont peu de chances de

surprendre.

La consolidation peut être positive en raison de nouvelles macroéconomiques qui confirment la

bonne tendance générale d'un cycle qui accélère très légèrement. Mais la dynamique des Bourses

reste dominée par la situation américaine, Le risque Trump a été mis en évidence par les retombées,

cette semaine de l'affaire du renvoi de James Corney, le directeur du FBI. Les records boursiers ont

été obtenus en anticipation des réformes fiscales de l'administration présidentielle et, sur ce plan,

des déceptions sont possibles. Elle se traduiraient par un net recul de Wall Stret que les Bourses

européennes pourraient seulement amortir.

Si le fait accompli a joué sur les actions européennes, on doit relever que cela n'a pas été le cas pour

les positions en placements refuge constituées pour couvrir les scénarios de rupture politique en

France. Le franc suisse, l'or et l'emprunt allemand à 10 ns ont rendu du terrain. Ainsi, l'écart de

rendement entre ce Bund allemand à 10 anset l'Obligation Assimilable du Trésor français est revenu

autour de 0,4 % contre 0,75 % il y a un mois.

Dans un tel environnement, malgré le soutien apporté par les dernières publications trimestrielles

des sociétés cotées, bourseacademy.com adopte une attitude prudente. Et conseille de réduire encore

l'exposition des portefeuilles. Dans un contexte peu inflationniste, les valeurs de taux bas

(concessions, immobilier) ou les sociétés profitant le plus, directement ou indirectement, de la

baisse de la fiscalité en France pourront être reprises dans un mouvement de consolidation. Pour se

préparer, on peut continuer à faire des liquidités.

Cette semaine, nous avons passé le cas d'investissement Rexel (code mnémonique RXL) au radar.

Le leader mondial de la distribution de matériel électrique n'a pas complètement réalisé la

performance boursière que nous attendions le 10 novembre. À 15,40 euros, l'action a progressé de

11,5 % en six mois, mais reste en retrait par rapport à notre objectif de cours de 18 euros.

La question pour Rexel est à la fois la profondeur du cycle d'investissement nord-Américain (37 %

des facturations) et en Europe (45 %) d'une part, et la pression sur les marges de l'autre. Le premier

trimestre a déçu, avec une progression du chiffre d'affaires limitée à 0,6 % en termes comparables.

Le rebond de la marge brute d'exploitation a de ce fait été nettement inférieur à ce qui était anticipé.

Sans remettre en cause les qualités du groupe, la révision à la baisse des estimations de bénéfices

pour l'exercice en cours trouve sa source dans une croissance plus faible qu'attendu (2,5 % cette

année, 4 % en 2018) pour des taux de marge pratiquement inchangés

Le potentiel à six mois apparaît ainsi plus limité avec une capitalisation qui pèse 15 fois les

bénéfices attendus cette année pour un rendement du dividende tout de même de 2,6 %. Rexel entre

bien dans le cadre de la stratégie de période de consolidation boursière et sera repris sur repli et/ou

en phase d'accélération de l'investissement en Europe et en Amérique du Nord.

Hubert Tassin, bourseacademy.com


Laisser un commentaire