Priorité à la Défense : les sociétés qui vont en profiter

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Priorité à la Défense : les sociétés qui vont en profiter

« En 2015, les crédits du ministère de la défense, les 31,4 milliards sont sanctuarisés». Le président de la République a frappé fort, pour annoncer un vrai  inversement de tendance. On l’imagine le menton levé: «La sécurité, la protection, l’indépendance sont des principes qui ne se négocient pas». Le maintien du budget de fonctionnement et le respect des programmes militaires d’équipements en France seraient un vraie rupture par rapport à plusieurs décennies de politique d’économies et, particulièrement par rapport aux coupes très sévères de la loi de programmation 2014-2019 adopté par le Parlement en 2013.

Les sociétés du secteur vont bénéficier directement des commandes publiques: les budgets profitent directement aux sociétés du pays. C’est un pari qui paraît si logique qu’on ne demande qu’à acheter les grands acteurs : Thales, Safran, Dassault Aviation.

imgresAttention! En matière militaire, programme n’est pas réalisation. Il faut trier et s’appuyer sur des faits. Il faut aussi profiter du caractère le plus souvent hybride des acteurs cotés du secteur: à la fois militaires et d’aéronautique civile. Les marchés civils sont sur une tendance durablement haussière et les effets de la hausse du dollar dopent les prises de commandes et, à terme, soutiennent les marges.

Le plus important est le tri. Bourseacademy.com vous le répète tout au long de ses leçons et ne peut que réitérer dans ce blog: la meilleure des analyses financières, c’est votre bon sens. Pour les sociétés d’aéronautique et d’armement, il y a un ratio roi. Il s’agit de comparer le carnet de commandes et son évolution avec le chiffre d’affaires. Si les sociétés visées dégagent des profits, la clé de leur avenir est là. En visitant les sites bousiers, vous constaterez qu’au 4 août 2015, le carnet de commandes de Safran représentait plus de 2 ans de chiffre d’affaires, celui de Dassault Aviation 2 années et demi, celui de Thales, plus de 4 ans, et celui d’Airbus …14ans. Bien sûr les rythmes de réalisation ne sont pas les mêmes, mais les profits des quatre sociétés sont à l’abri. Ce n’est pas une conséquence directe des discours politiciens va t’en guerre, mais ils sont en quelque sorte la cerise sur le gâteau.

Un outsider spéculatif à ne pas négliger: Saab. Il s’agit de la première société suédoise de Défense et elle est fortement exportatrice (64 %). Son grand atout est l’avion de chasse Gripen. Cet avion polyvalent est nettement moins sophistiqué que le F16 ou le Rafale, mais précisément, correspond à la demande de pays qui ne sont pas en risque immédiat de conflit. Saab est un fournisseur de composants de sécurité pour Airbus, ce qui donne un peu visibilité. La nette décote de la société en Bourse par rapport au secteur (plus de 35 %) se corrigera avec le temps.


A propos de l'auteur : Hubert Tassin

Hubert Tassin, 57 ans est journaliste et analyste financier. Son expérience des marchés financiers remonte à 1980 et il a exercé des responsabilités aussi bien dans des sociétés de Bourse que dans la presse. Auteur d'un ouvrage de référence consacré au placement en obligations, il a dirigé des rédactions spécialisées dans les placements financiers au Journal des Finances, chez Investir et chez BFM.

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