Retrouvez les derniers conseils de Christian Ginolhac

Partager sur
Retrouvez les derniers conseils de Christian Ginolhac

Moins de risque en Bourse après le premier tour.

Et après ?

Le premier tour des élections présidentielles a été salué lundi à la Bourse de Paris par une hausse de

4,1 % de l'indice CAC 40 et par une progression de 3,4% du DAX allemand. La levée du risque

d'un deuxième tour Le Pen – Mélenchon a cependant simplement effacé des scénarios de risque

sans engager un véritable rallye. Sur la semaine, les actions françaises finissent en progrès de 4,4 %

et les allemandes – celles qui seraient le plus pénalisées par un éclatement de l'euro – sur une

avance de 3,3 %. On doit relever dans le même temps des prises de bénéfices sur les valeurs refuge

jugés protectrices en cas de crise politique de la zone euro : Bund allemand, once d'or, franc suisse.

Les fondamentaux européens expliquent les records historiques à Paris et

Francfort

Les risques politiques en Europe sont loin d'être effacés : si l'élection allemande de l'automne ne

semble pas de nature à changer la donne, il en est autrement des législatives françaises du mois de

juin et des élections italiennes qui se tiendront d'ici à un an. Cependant, les fondamentaux

soutiennent la cote : la croissance de la zone euro se confirme mois après mois autour de 1,5 % pour

cette année et l'année prochaine et les indicateurs avancés (comme ce climat des affaires, ou les

intentions des directeurs d'achats) permettent même de tabler sur une accélération. De plus, les

économies du continent vont rester portées par les injections monétaires et la politique de taux

d'intérêt bas (et même négatifs) de la Banque Centrale Européenne.

Au total,la décote des actions européennes par rapport aux américaines s'est seulement réduite pour

revenir autour de 20% . Les analystes financiers estiment à 15 % la hausse des bénéfices 2017 de ce

coté de l'Atlantique contre 10 % à Wall Street . Les publications trimestrielles ont confirmé la

tendance avec, pour les grandes groupes français composant l'indice SBF 120 les deux tiers des

résultats supérieurs aux attentes des analystes financiers.

Risques en vue : législatives françaises et réforme fiscale américaine

Ces éléments favorables justifient les records boursiers historiques enregistrés par l'indice DAX

(qui est calculé en prenant en compte les dividendes) et de l'indice CAC 40 dividendes réinvestis.

Allers plus loin va demander un vrai éclaircissement politique en Europe (en particulier la

composition de l'Assemblée Nationale française) mais aussi aux États-Unis. La présentation,

mercredi, du projet de réforme fiscale de l'administration Trump a déçu et, surtout, elle ne

comprend pas pour le moment de plan de financement des allègements d'impôts. Sans le volet des

recettes, elle risque de tourner court sur le modèle de la réforme de santé que, pour le moment, le

président n'a pas été capable de faire passer au Congrès.

Le cumul des incertitudes politiques en Europe et aux États-Unis pourrait peser plus fort que la

bonne tendance macroéconomique d'ici au milieu de l'été. bourseacademy.com recommande de ce

fait une position investie en actions entre 50 % et 75 % , les lignes de taux ou de liquidités pouvant

donner des munitions pour profiter d'écarts qui pourraient venir d'outre Atlantique.

Les valeurs cycliques restent la base du portefeuille actions

Les choix sectoriels restent cependant basés sur le développement du cycle en Europe, avec en tête

le secteur des équipementiers automobile, mais aussi la construction et les sociétés liées à

l'investissement. On soit aussi citer la consommation discrétionnaire – en particulier le luxe.

Le conseil de la semaine s'inscrit dans le cycle et les relèvements d'investissements des sociétés

dans le numérique. Les publications trimestrielles des deux leaders français du secteur, Capgemini

et Atos ont montré une tendance de croissance que le Syntec, le syndicat professionnel du secteur

estimé à 3% pour cette année. Cet environnement favorable permet des leviers sur les bénéfices en

raison des la structure de coûts de l'activité et, aussi, de la rentabilité des opérations de croissance

externe qu'il assure.

bourseacademy.com a sélectionné Sopra Steria Group (code mnémonique SOP) qui, malgré sa

hausse de 27 % depuis le début de l'année présente des ratios d' évaluation qui donnnte à l'action un

vrai potentiel. La capitalisation boursière de Sopra Steria représente moins de 15 fois les bénéfices

attendus cette année et moins de 14 fois les projections 2018. Ces multiples se comparent avec 18 et

19 fois 2017 pour Atos et Capgemini, les ratios 2019 (estimés) s'établissant à 16 et 17,5. La décote

de Sopra Steria par rapport aux leaders est proche de 20 % alors que les marges du groupe sont sur

une tendance haussière et que ses initiatives commerciales permettent de tabler sur une bonne

croissance. Nous l'estimons à près de 3% cette année après un premier trimestre très satisfaisant

(+4,8 % d'activité sur des bases organiques). Nous fixons un premier objectif de cours à 155 euros,

soit un potentiel de 20 %).

Hubert Tassin, bourseacademy.com


Laisser un commentaire