Une tendance molle à la Bourse de Paris

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Une tendance molle à la Bourse de Paris

La direction des marchés financiers est venue des États-Unis cette semaine encore. La tendance reste la même : Wall Street progresse quand les Bourses européennes s’effritent. Les nouveaux records passés mercredi par les actions américaines permettent à l’indice Dow Jones d’afficher une progression de 0,4 % sur la semaine quand les européennes ont rendu en moyenne un peu plus de 1 %. Si on prend un peu plus de recul, la hausse de Wall Street en un mois atteint 3,7 % face à des déchets de 1 % sur le Vieux Continent.

La Réserve Fédérale va poursuivre ses hausses de taux
Les investisseurs prennent progressivement en compte la persistance d’une forte dépendance des actions européennes à la tendance américaine. L’écart de valorisation de l’ordre de 15 % ne mettrait pas les européennes à l’abri des conséquences d’une consolidation des actions à Wall Street. On voit qu’au contraire, dans une phase haussière, cet écart s’st même légèrement creusé.
La pression de l’actualité américaine s’est opérée sur deux plans : la gestion monétaire et la politique.
La Réserve Fédérale a majoré ses taux directeurs de 0,25 % lors da la réunion de son comité de politique monétaire de mercredi. C’était attendu et l’institut d’émission a complété sa décision en indiquant que le rythme de trois hausses par an allait s’inscrire jusqu’en 2019 (ce qui en annonce encore une cette année). Enfin, la Fed a défini le rythme qu’elle suivra quand elle commencera à réduire le volume de ses concours à l’économie, sans toutefois préciser la date du début des désinvestissements.
On peut retenir que, selon ce plan, sept ans seraient nécessaires pour ramener le total du bilan de la banque centrale américaine au niveau qui était le sien en 2007. Mais le point central pour la tendance boursière actuelle est le maintien de la stratégie de resserrement monétaire malgré une inflation une nouvelle fois revue après une baisse de 0,1 % en mai. Le comité de la Fed s’appuie sur le marché de l’emploi pour confirmer son scénario de maintien du rythme de croissance économique.

Les scénarios commencent à douter de la réforme fiscale Trump
La sérénité n’est pas a même du coté de la politique. La possible mise en cause du président lui-même par le procureur spécial dans l’affaire de l’enquête russe du FBI fragilise encore un peu plus sa position vis à vis du Congrès. Les investisseurs restent focalisés sur la réforme fiscale et, dès aujourd’hui, prennent un scénario d’application partielle du programme Trump. La dynamique de croissance et, surtout, le soutien monétaire, ont permis de maintenir les cours de Bourse. Le niveau des multiples de valorisation fragiliserait la cote dans le cas où les estimations des bénéfices 2018 et 2019 qui prennent en compte les allègements d’impôt devraient être revus à la baisse.

Trois secteurs en vue : technos, banques, automobile
Dans ce cadre et en l’absence de nouvelles marquantes de la part des entreprises, les variations sont restées peu importantes des nouvelles favorables à la croissance en provenance de Chine et même du Japon. Le léger rebond du dollar après la réunion de la Fed ne compense pas le nouveau recul du baril de pétrole. Il apparaît désormais que l’offre de brut va rester supérieure à la demande cette année, mais aussi l’année prochaine, au moins au premier semestre. La poursuite de la hausse de la production de pétrole de schiste américain fragilise de plus en plus les accords de limitation d’huile « conventionnelle » passés sous l’égide de l’Opep et de la Russie.
Trois secteurs alimentent les palmarès : les technologiques qui suivent une consolidation des actions des géants américains des Gafa, les bancaires qui sont soutenues par un possible allègement de la réglementation aux États-Unis (qui serait forcément suivie en Europe), et, enfin l’automobile après la hausse de 7,6 % des immatriculations das l’Union Européenne en mai.

Saint-Gobain porté par la construction en France et enEurope
Le contexte incite bourseacademy.com à maintenir son conseil d’une exposition des portefeuilles limitée de 66 % à 80 % en actions, en maintenant un matelas de liquidité pour amortir une consolidation et pour permettre de saisir des opportunités. Les actions européennes, profitant du cycle d’investissement et des taux d’intérêt à long terme qui vont rester très bas.
Saint-Gobain (code mnémonique SGO) n’est pas une valeur taux : son endettement se monte à moins de 25 % de ses fonds propres et représente à peine pus d’une année de résultat brut d’exploitation. En revanche, le géant des matériaux de construction bénéficie du cycle et, singulièrement du cycle d’investissement tant pour la distribution de matériaux qui pèse près de la moitié de son activité, que pour la fabrication de produits de construction et vitrages (40 %du total) ou même les matériaux de haute performance (le solde). Les deux tiers du chiffre d’affaires sont réalisés en Europe de l’Ouest (25 ù en France), 13 aux États-Unis et le reste en Asie.
Parmi les principaux groupe profitant du cycle de nette croissance de la construction, qui pourrait être dopée par les mesures du gouvernement Philippe, et d’une façon générale par la tendance européenne, Saint-Gobain allie potentiel de progression du chiffre d’affaires et de nette restauration des marges. On peut estimer au-dessus de 15 % la hausse moyenne du bénéfice par action sur les années 2017, 2018 et 2019.
L’action a longtemps été pénalisée par les ventes de la part de Wendel qui ont coiffé les cours. Désormais la société de portefeuille ne détient plus que 2,5 % du capital et ne va plus peser sur le titre.
L’objectif de cours peut être fixé à 60 euros, ce qui valoriserait le groupe à 17 fois l’estimation de bénéfices 2018. Le potentiel de l’action est de près de 25 %

Hubert Tassin, bourseacademy.com pour Challenges


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