Wall Street sonne l’heure de la consolidation sur l’ensemble des Bourses

Partager sur
Wall Street sonne l’heure de la consolidation sur  l’ensemble des Bourses

Le risque politique est bien passé d'un coté à l'autre de l'Atlantique. En toile de fond, il y a la

capacité de l'administration Trump à faire passer les réformes fiscales sur lesquelles le président

s'était engagé pendant la campagne. La très forte baisse des impôts sur les sociétés annoncée se

traduirait par une hausse mécanique de 10 % des bénéfices 2018. Ces 10 % ont été reflétés

proportionnellement dans les cours de Bourse immédiatement après l'élection et, lors de

l'intronisation du président, les indices Boursiers marquaient une avance de 17 % par rapport au

début novembre. Si la tendance bénéficiaire explique la deuxième jambe de la hausse, l'effet fiscal

est anticipé et toute déception serait sanctionnée.

Derrière les « affaires Trump », la difficile négociation budgétaire

Le programme – qui concerne es ménages comme les entreprises – doit être financé par des

mesures protectionnistes « d'ajustement aux frontières », par la réduction des budgets de santé, mais

aussi en creusant le déficit du budget fédéral. Avec six mois de recul, on comprend la difficulté de

mise en œuvre sur tous les plans. Les négociations commerciales internationales ont pris un tour

assez consensuel et la réforme du système de santé s'enlise au Congrès. La clé des baisses d'impôts

s'est ainsi calée sur la négociation entre le président et la majorité Républicaine au Sénat et à la

Chambre des Représentants.

On comprend les répercussions boursières des mises en cause à répétition de l'autorité de la Maison

Blanche. Si chaque épisode n'a pas en lui même de portée définitive, l'accumulation d'affaires, sans

conduire forcément à un départ anticipé de M. Trump, réduit sa capacité de négociation face aux

parlementaires.

Wall Street a pour le moment fait preuve d'un grand sang froid en ne cédant que 2 % par rapport à

des niveaux records. L'inflexion du cycle reste pour le moment très modérée et, en tout cas, ne casse

pas la dynamique de progression des profits. Elle va aussi inciter la Réserve Fédérale à la

modération dans sa stratégie de relèvement des taux directeurs et, plus encore, de réduction de la

taille de son bilan. Malgré ces fondamentaux rassurants, la consolidation lancée sur les actions

américaines a toutes chances de se poursuivre.

Les valeurs européennes amplifient la baisse de Wall Street

Les Bourses européennes ont amplifié (légèrement) cette consolidation américaine. Malgré des

multiples d'évaluation qui font encore apparaître une décote de l'ordre de 10 % sur la base d'une

progression moyenne des profits de 15 % cette année, les places du vieux continent n'ont pas résisté

et elles amplifieraient sans doute autant un recul plus important. On doit noter le handicap que

constitue la force de l'euro et des conditions techniques (comme l'indice de force relative) qui

plaident pour des positions d'attente.

Dans ce contexte, la très légère amélioration conjoncturelle en Europe -avec une estimation de

croissance de 1,7 % cette année et 1,8 % en 2018 – et des politiques fiscales moins pénalisantes –

en particulier en France – les portefeuilles peuvent conserver une exposition mesurée en limitant les

postes actions entre 60 % et 80 %. Au sein de cette poche, les européennes seront préférées aux

américaines, aux britanniques, aux marchés émergents et, à un degré moindre aux japonaises. Les

titres profitant de la conjoncture de taux d'intérêt toujours bas formeront la base de la stratégie,

devant, de façon plus sélective, les secteurs de la consommation et de l'investissemen.

Parmi les valeurs recommandées par bourseacademy.com, Casino (code mnémonique CO) a été

particulièrement secoué cette semaine, perdant jusqu'à 6 % sur les séances de mercredi et jeudi.

L'action affiche cependant encore une performance de 6,8 % par rapport à notre dernière

recommandation du 10 mars dernier et, elle gagne plus de 15 % depuis janvier.

Le coup de semonce de cette semaine et l'amplification très nette de la baisse des indices provient

des deux facteurs constitutifs de l'investissement (le redressement en France et le pari brésilien),

mais, aussi, sur la question de la structure de contrôle du groupe de distribution.

Casino est mieux armé que Carrefour en France en raison de son positionnement multi-formats.

Cependant, les dirigeants se sont montrés prudents lors de la publication du chiffre d'affaires du

premier trimestre. Le levier d'amélioration des résultats sur notre marché joue toujours, mais sur

une pente qui a été révisée à la baisse par les analystes financiers. Une moindre génération

d'autofinancement pose la question de la prolongation du très fort désendettement réalisé en 2016.

Des réalisations d'actifs freineraient plus encore le levier.

Mais le choc boursier du milieu de semaine tient surtout, une nouvelle fois, à l'évolution de la

situation politique brésilienne. Les demandes pressantes de destitution du président Michel Temer,

enlisé comme l'ensemble de la classe politique dans les scandales Petrobras, bousculent les

scénarios. La stabilisation de l'économie et le support de la banque centrale incitent pourtant à

relativiser les effets de ce désordre politique qui n'est qu'une confirmation.

Casino réalise la moitié de son chiffre d'affaires en Amérique Latine , mais le pari de l'action est

bien basé sur la France, l'international jouant en quelque sorte un rôle d'appoint à beau potentiel. Au

stade actuel, nos attendons toujours une progression moyenne de 15 % du bénéfice cette année et

l'année prochaine. Le multiple de capitalisation de ces projections de 13,5 fois (pour 2017) est loin

de monter une surévaluation. Le rendement du dividende de près de 6  % assure une bonne

rentabilité de base au placement..

Nous maintenons notre confiance en Casino malgré la conjoncture boursière plus discutée, en

ramenant cependant l'objectif de cours de 65 à 61 euros (potentiel de 15 %)

Hubert Tassin, bourseacademy.com


Laisser un commentaire